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      José Luccioni
José

José LUCCIONI

José Luccioni nous a quittés. Et pourtant, pour ceux qui ont eu la chance de le voir et de l'entendre sur scène, cette voix insolente continue de résonner, ce tragédien inégalable continue de nous émouvoir et sa présence continue d'habiter tous les personnages qu'il a incarnés. Cette réédition vient à point pour conforter notre souvenir, animer notre fierté et transmettre aux générations qui nous suivent le flambeau de l'art lyrique dans ce qu'il a de plus noble, de plus généreux et de plus spontané.

José Luccioni est né le 14 octobre 1903 à Bastia où il a fait au lycée des études secondaires sans accroc ni difficulté. Très vite, il manifeste une vraie passion pour la mécanique et pour l'automobile. Toutefois, il ne fait pas son service militaire comme chauffeur et découvre alors, en distrayant les autres conscrits, qu'il a une voix. Pour un corse, la chose est normale, mais le phénomène l'intéresse et dès qu'il le peut il va à l'opéra. Il écoute les troupes italiennes et surtout César Vezzani, à qui il voue immédiatement une admiration totale. Il achète ses disques et reproduit ses airs les plus fameux, le plus souvent un ou deux tons au-dessus, car le phonographe tourne trop vite! Heureusement, de bonnes oreilles l'entendent, le conseillent et l'aident à “ monter à Paris ”. En 1927 il entre au Conservatoire. S'il a une voix naturelle, sans limite et une mémoire fabuleuse, pour le reste il a tout à apprendre. Léon David lui enseigne le style et l'articulation, Léon Escalaïs lui apprend comment canaliser sa vaillance naturelle. Malheureusement, un certain Bournonville, docte mais peu psychologue, lui fait prendre en horreur le solfège, ce qui, plus tard, lui vaudra quelques mécomptes. Eugène Sizes le forme au jeu de scène ; au piano, dans cette classe, il y a une artiste rigoureuse mais aussi jeune, grande et fort belle. José l'épouse et elle deviendra la compagne la plus attentive, exploitant ses immenses qualités, tempérant ses emportements, veillant constamment aux moindres détails, miroir parfait d'un artiste qui ne peut durer et s'élever dans la solitude, face à une carrière toujours plus exigeante.

En 1930, malgré Bournonville, il concourt. Jacques Rouché, directeur de l'Opéra est là, et l'engage. Henri Rabaud, directeur du conservatoire, transige, ravi de conserver un élève, artiste de l'Opéra. Ce seront alors les utilités, tel un rapin, dans la Virginie de Bruneau. Au Conservatoire, il obtient un premier accessit de chant, un second prix d'opéra-comique, mais aussi un fulgurant premier prix d'opéra, avec le troisième acte d'Othello. Les contrats viennent d'un peu partout et le grand jour arrive, le 22 février 1932 : pour un gala d'opéra et de ballet, Jacques Rouché affiche en lever de rideau Paillasse avec Mily Morère, Pernet, Cambon, Gilles, et le débutant José Luccioni. Quinze rappels ! Pourtant, l'Opéra lui réserve encore quelques seconds emplois : un serviteur d'Elektra, le chanteur italien du Chevalier à la rose, le pêcheur de Guillaume Tell. Chaque fois, il étonne, il s'impose.

Viennent ensuite le Duc de Mantoue, puis en 1933 Jean d'Hérodiade auprès de Marjorie Lawrence, Radamès en italien auprès de Gina Cigna et Cesare Formichi et ses débuts à l'Opéra-Comique dans Carmen. En 1935, il chante à l'Opéra Roméo, Faust de La Damnation et Sigurd. En 1935, il est le Chanteur italien de la centième du Chevalier à la rose, auprès de Campredon, Lubin et Huberty. Pour le jubilé de George V, il est au Covent Garden le Don José de Conchita Supervia puis celui de Renée Gilly, auprès de son grand ami Adrien Legros au théâtre antique de Vaison-la-Romaine. En 1936, il crée à Rome le Cyrano de Bergerac d'Alfano, auprès de Franci et de la toute jeune Caniglia, et reprend La Fiamma de Respighi, puis c'est l'Amérique du Sud, où il retrouve Germaine Hoerner, son Aïda, et découvre Lucienne Anduran, avec qui il chanta par la suite plus de cent fois Carmen. En 1937, il est Radamès devant le Mur d'Orange, Calaf aux arènes de Vérone, Don José et Canio à Chicago. En 1938 à l'Opéra de Paris, il est Samson et Matho du Salammbô d'Ernest Reyer. Viendra ensuite une période qu'il consacra à la Radio ainsi qu'à des concerts en Afrique du Nord. Puis ce fut, le 8 mai 1943 à l'Opéra, son premier Othello, auprès de Geori Boué, José Beckmans et Georges Noré, sans doute son plus grand rôle, qu'il devait chanter plus de cent-vingt fois, toujours avec le même succès, jusqu'à la fin de sa carrière et dans lequel il n'a jamais été égalé . Radamès, Samson, Don José, Werther, Mario Cavaradossi, Roméo continuent d'enthousiasmer tous les publics francophones, jusqu'à ce formidable Canio de Paillasse qui avait ouvert sa carrière à l'Opéra et devait la clore, trente ans plus tard, le 2 février 1962, à l'Opéra-Comique, la voix toujours insolente et belle.

José Luccioni meurt à Marseille où il s'était retiré, le 5 octobre 1978.

 

Jean ZIEGLER

 


Quelques photos
José 2Les CD de José Luccioni chez Malibran-Music

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