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      Jules Massenet

La jeunesse de Massenet

Ce jour, 12 mai 1842, en la commune de Montaud, proche de Saint Etienne, et à une heure du matin, Dame Eleonore-Adélaïde Royer de Marancourt, épouse de Monsieur Alexis-Pierre-Michel-Nicolas Massenet, âgé de quarante-cinq ans, fabricant de faulx, est accouchée dans le domicile de son mari d’un enfant de sexe masculin auquel ont été donnés les prénoms de Jules-Emile-Frédéric.
C’est ainsi que fut annoncé au bon peuple de France la naissance de celui qui devait parmi les siens devenir l’un des plus grands et des plus célèbres musiciens.
Après avoir un peu guerroyé en Espagne pour Napoléon, son père dirigea dans ls faubourgs de Saint Etienne une forge qui fabriquait des faux et des faucilles. D’un premier mariage il avait eu huit enfants. En seconde noce, il avait épousé une jeune fille de très bonne famille, Adelaïde Royer de Marancouurt, qui se révéla musicienne et pédagogue de haut niveau. De ce nouveau couple vinrent quatre rejetons dont un petit dernier qu’au grand dam ultérieur de ce dernier ils prénommèrent Jules.
La jeune mère eut tôt fait de remarquer l’attirance de son dernier pour le piano et de lui en inculquer les premiers rudiments.
En très mauvaise santé, le père Massenet dut abandonner l’industrie. La famille quitta donc Saint Etienne pour s’installer à Paris et ce 1848.
Travaillant avec acharnement, le jeune Massenet fut en mesure de se présenter début 1853 aux examens d’admission au Conservatoire. Après une étonnante exécution de la sonate op. 31 de Beethoven, il fut immédiatement admis dans la classe de piano élémentaire dirigée par Adolphe Laurent qui avait été prix de piano souss Louis XVIII. Dans la classe de Savard, il se lassa du solfège au bout de deux ans, alors que la pratique du piano devenait jour après jour une véritable vocation.
Une fois de plus, la santé de son père oblige la famille à déménager, cette fois-ci à Chambéry. Après deux longues années à se perfectionner en solitaire dans sa formation classique, le jeune Massenet n’y tient plus : « je m’échappai du toit paternel, sans un sou dans la poche, sans un vêtement de rechange, et je partis pour Paris … , où je devais revoir mon cher Conservatoire, mes maîtres… ».
L’une de ses sœurs aînées, Mme Cavallié, mariée un peintre, fut heureuse de l’accueillir et se voua à lui avec tout son cœur et toute sa sollicitude. Fière de surveiller le travail du futur compositeur, elle accepta avec bienveillance ses espiègleries, notamment celle qui consistait à effrayer les bons bourgeois du quartier en arpentant en bande avec ses camarades du Conservatoire les rues en poussant des cris perçants.
Réintégrant le Conservatoire, il entreprend de rattraper le temps perdu. En 1859, il obtient un premier prix de piano. En 1860, il est mis à la porte de la classe d’harmonie par Bazin, qui lui reproche ses hardiesses harmoniques, et il entre dans celle d’Henry Reber, où il n’obtiendra au bout d’un an qu’un premier accessit. Ses études à la classe d’orgue de Benoist ne lui valurent aucune récompense. En 1861, il est admis dans la classe de composition d’Ambroise Thomas dont il deviendra rapidement l’élève préféré et à qui il devra beaucoup dans les débuts de sa carrière.
Mais il fallait trouver les moyens de vivre, car il ne recevait pas de pension mensuelle de son père et il ne pouvait rester indéfiniment à la charge de sa sœur. Ses dons de pianiste lui avaient déjà permis de se faire un peu d’argent. En 1858, il avait participé à un concert à Tournai et le critique musical du Courrier de l’Escaut écrivit à son sujet : « M.Massenet, le jeune pianiste, timide devant le public, mais plein de puissance et de commandement en face de son clavier, M.Massenet a une touche admirable et les sons qu’il tire de l’instrument arrivent aux spectateurs pleins de pureté et de vigueur. Parfois on dirait des perles tombant dans une coupe de cristal. »
Soucieux de ne pas demeurer à la charge de sa sœur, il s’installe dans un petit hôtel, voisin du cirque Napoléon (aujourd’hui cirque d’hiver) fréquenté par les artistes du cirque, clowns, acrobates, écuyères, funambules, jongleurs, …. « De la fenêtre d’une mansarde, le dimanche venu, je pouvais me payer le luxe, gratuitement bien entendu, des bouffées orchestrales qui s’échappaient des Concerts Populaires que dirigeait Pasdeloup dans ce cirque. Cela avait lieu lorsque le public, entassé dans la salle surchauffée, réclamait à grands cris : de l’air ! et que, pour lui donner satisfaction, on ouvrait les vasistas des troisièmes. De mon perchoir, c‘est bien le mot, j’applaudissais ave une joie fébrile, l’ouverture de Tannhâuser, la Symphonie fantastique, enfin la musique de me mes dieux, Wagner et Berlioz ». Massenet gagne tant bien que mal sa vie en donnant des leçons de solfège, en « tapant » du piano dans un café de Belleville, comme timbalier au Théâtre Lyrique (ce qui lui vaut l’honneur de participer activement à la création du Faust de Gounod) ou comme percussionniste aux bals de l’Opéra le samedi soir. Dans la classe de composition d’Ambroise Thomas, il remportera au bout de la première année, en 1862, le second prix de contrepoint ainsi qu’une mention honorable au concours pour le prix de Rome.


Son premier concours de Rome, en 1862, se solda pour Massenet par un échec. Le sujet de cantate sur lequel Massenet devait exercer son inspiration était Louise de Mézières du poète Edouard Monnais. Les candidats étaient cloîtrés dans des chambres mansardées de l’institut. Des sortes de cellules aux murs blanchis à la chaux, réceptacles favoris des réflexions des candidats sur les sujets qui leur étaient imposés. C’est ainsi que dans la chambre de Massenet, on trouva (et on la conserva longtemps en souvenir) l’inscription suivante : « Oh ! là ! là ! Quel poème ! Pourquoi Louise de Mézières ? C’est tout au plus Louise la Mercière. » Quoiqu’il en soit, nullement inspiré par le poème de Monnais, Massenet préféra jeter l’éponge.
En 1863, entré en loge le 16 mai, Massenet eut pour sujet était David Rizzio de Gustave Chouquet. Toujours facétieux, voici ce que Massenet inscrivit : « Quand David Rizzio ressemble-t-il le plus à une casserole percée ? voir la réponse au dessus de la porte. » Réponse : C’est à la fin du duo, quand il dit : « Je fuis ! ». Mais, cette fois-ci, quoique peu inspiré par le livret et peu en train, Massenet va jusqu’au bout. Tandis que le jury
délibère, Massenet, en proie à une anxiété dont il ne guérira jamais, s’était éloigné de l’Institut. Rentrant chez lui, Ambroise Thomas le découvrit assis sur un banc de fer de la cour du Louvre. Il était accompagné de Berlioz et d’Auber. S’approchant de Massenet, il lui dit : « Embrassez Berlioz, vous lui devez beaucoup de votre prix » et, Auber flegmatique, ajouta : « Il ira bien, ce gamin, quand il aura moins d’expérience. »
La cantate David Rizzio fut chantée par le ténor Gustave Roger, la basse Bonnehée et Mme Vanenheuvel-Duprez. Elle eut du succès, c’était mieux qu’un devoir d’élève. Et c’est ainsi que Massenet put écrire sur un carnet et d’un trait énergique :
« Concours d’essai (Institut), samedi 2 mai 1863.
« Concours définitif, samedi 16 mai 1863
« 4 juillet. 1° prix : Massenet,
2°prix : Cnstantin.
« Fin de mes classes au Conservatoire.


Son grand prix de Rome en poche, Massenet s’installe pour deux ans à la villa Médicis,
« Oh ! ces deux années délicieuses passées dans Rome à la chère villa Médicis, ces années sans pareilles, dont le souvenir vibre encore dans ma mémoire et m’aide aujourd’hui même néfastes du découragement ! C’est à Rome que je commençai à vivre … », écrira-t-il dans ses « souvenirs ». Ses envois de Rome sont importants : Une grande ouverture de concert, un Requiem à quatre et huit voix avec accompagnement de grand orgue, violoncelle et contrebasse. Il y ajoute Pompeia, suite symphonique, Scènes de bal pour piano, et deux Fantaisies pour orchestre. Lors de ce séjour, il fait la connaissance de Liszt et, par son intermédiaire, d’une jeune élève, cousine d’Armingaud, violoniste célèbre, Mlle Constance de Sainte Marie, qu’il devait épouser le 8 octobre 1866. C’était un être charmant doué de toutes les séductions, délicate d’esprit et très musicienne. De retour à Paris, il lui faut « faire bouillir la marmite » : il donne des leçons, quelques concerts et reprend un poste de timbalier au théâtre de la Porte-Saint-Martin, compose des romances, … Mais l’idée d’écrire pour la scène l’envahit de plus en plus. Son premier essai dans ce domaine est un simple lever de rideau intitulé La Grande Tante, sur un livret de Jules Adenis (opéra-comique 1867), et dont l’interprète principale fut Marie Heilbronn qui, dix-sept ans plus tard, devait être la créatrice du rôle de Manon. Autre fait important : sa rencontre avec le jeune éditeur Georges Hartmann qui vient d’installer un magasin de musique boulevard de la Madeleine. Celui-ci, doté d’un excellent flair fait confiance au jeune compositeur, édite ce Poème d’Avril, cycle de mélodies sur des poèmes d’Armand Silvestre que d’autres éditeurs avaient refusé. Et ce fut le début d’une longue, amicale et combien fructueuse collaboration, jusqu’à la faillite de Hartmann en 1891, Heugel devenant alors le nouvel éditeur de Massenet.

En 1870, lorsque les Allemands vinrent mettre le siège devant Paris, il s’entôle dans un régiment d’infanterie. Libéré des tristes et monotones obligations militaires après l’armistice, il retournera avec ardeur à la composition musicale.
1873 est enfin l’année des premiers succès. La grande cantatrice Pauline Viardot obtient un triomphe chez Colonne dans Marie-Magdeleine, drame sacré –œuvre de jeunesse- qui avait été refusée par Pasdeloup. Colonne dirige à l’Odéon sa musique de scène pour Les Erignyes, tragédie d’Eschyle traduite par Leconte de Lisle. Enfin en 1877, le 27 avril, l’Opéra de Pais, dans son Palais Garnier flambant neuf, donne son Roi de Lahore écrit sur un livret de Louis Gallet . Public enthousiaste : l’ouvrage est donné 57 fois en deux ans sur la grande scène parisienne avant de prendre le chemin des théâtres étrangers traduit en particulier en Italien, selon l’entente entre Hartmann et le célèbre éditeur Ricordi qui prendra en charge la promotion et l’édition des oeuvres de Massenet dans le monde entier. Une œuvre immense : opéras (près de trente, dont Hérodiade Manon, Werther, Thaïs Le Jongleur de NotreDame Don Quichotte…. qui continuent de nos jours à déplacer les foules malgré le mauvais goût et les non-sens de tant de mises en scène actuelles) ; musiques de scène ; oratorios ; musique symphonique ; musique de chambre,…
Et les honneurs suivent le succès : en 1876, il est décoré de la Légion d’honneur. En octobre 1878, Ambroise Thomas, devenu directeur du Conservatoire, lui confie la chaire de composition. Enfin, en novembre 1878 il est élu à l’Académie des Beaux Arts.
Massenet est mort à Paris le 13 août 1912.
En hommage à ce musicien si typiquement français, laissons la parole à Reynaldo Hahn

« Je suis arrivé à une conclusion : c’est q’il y a plusieurs sortes de personnes qui n’aiment pas Massenet :
1/ Ceux qui ne veulent pas l’aimer ou qui du moins en ont l’air,
2/ Ceux qui ne l’aiment pas parce qu’ils ont horreur des théâtres,
3/ Les jaloux innombrables : les ratés, les incompris, les imbéciles
4/ les personnes froides, mathématiques, sèches et rentrées.
A part cela, tous les gens bien aiment Masssenet… »



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